L’ombre des vautours plane sur Langourla

mercredi 7 février

L’ombre des vautours plane sur Langourla qui y font leur campagne nauséabonde. Ceux-ci viennent s’opposer au projet de création d’un centre d’accueil de demandeurs d’asile (CADA) des élus de Méné Commune Nouvelle. Ces derniers ont conviés à une réunion publique le 26 janvier 2 associations, l’ASTI et "les gens heureux" afin de partager leurs expériences d’accueil de migrants.

Le Front National et Adsav ont dépêché sur place beaucoup de militants, qui ont trouvé là une tribune sur leur sujet de prédilection : la haine des migrants. Comme à leur habitude ces mouvances d’extrême droite jouent sur la peur de l’étranger quittent à énoncer des contre vérités.

Le FN a ameuté une cinquantaine de militants. Son représentant local (Merdrignac) Pierre-Marie Launay a refait l’histoire de France, en niant sa construction sur les migrations des peuples indo-européens avant le VIème siècle, puis celles liées aux croisades, mariages, utilisation de mercenaires, révolution industrielle, colonisation et la crise de 1929. . Pour mémoire dès la fin du XIXème siècle la France comptais 1 million "d’étrangers". Les tirailleurs sénégalais et les harkis n’ont ils pas été enrôlés dans son armée pour la défendre ?

Nantes et Saint Malo, ont, par ailleurs, prospéré grâce au commerce triangulaire et à l’esclavage. Ce délégué frontiste mériterai, à l’instar des habituels représentants de son parti, des cours de rattrapage sur l’histoire de France.
Il divise la France en races et religions à leurs yeux inconciliables et tente d’adapter la réalité à leur discours. tout comme d’autres militants du F-Haine tel que Jean-Claude Blanchard (élu FN condamné pour diffamation sur des sacrifices de moutons imaginaires) ou Adrien Desport et ses comparses qui brûlèrent des voitures pour faire monter le sentiment d’insécurité. Ce dernier a été condamné à 3 ans de prison.

Ronan Le Gall, porte parole d’adsav, accompagné par 10-20 sbires venus pour en découdre (paraboot, gants coqués), insiste quand à lui sur l’insécurité, en donnant l’exemple du viol commis à Saint-Brieuc. Il ne s’intéresse au droit des femmes que dans le cas d’agression par un étranger. Pour rappel en France en 2012 sur les 80 000 viols connus la moitié l’était dans le cadre du ménage et seulement dans 17% des cas, les victimes ne connaissaient pas leurs agresseurs.

Ronan Le Gall, représentant d’adsav parti ultraviolant, a eu beau jeu de parler de risques et d’insécurité, alors que lui-même et son mouvement ont fait l’objet de multiples condamnations, dont voici une liste non exhaustive des violences en marge de leurs manifestations ou de condamnations de leurs membres :

Le 28 septembre 2014 en marge d’une manifestation pour l’unification de la Bretagne : salut nazi et insultes aux agents de la TAN par des membres d’Adsav qui sont condamnés à de la prison et des amendes.

Au mois de novembre 2015 un imam modéré et un président culturel musulman de Quimper reçoivent un courrier les menaçant de mort signé Adsav.

Le 15 novembre 2015 deux passants sont tabassés en marge d’une manifestation organisée par Adsav à Pontivy.

Le 23 janvier 2016 à Quimper suite à un rassemblement à leur initiative et à un contre-rassemblement (ayant compté 6 fois plus de personnes), une 40aine de leurs manifestants ont attaqués et assiégés un bar, crevés des pneus et dégradés des voitures. Il est à noter que pendant leur rassemblement de nombreux individus cagoulés ont fait des saluts nazis et mimé des singes.

Le 14 novembre 2016 à Arzon pendant un rassemblement d’Adsav le centre d’accueil des migrants est attaqué : il en résulte la dégradation d’un véhicule de gendarmerie et du portail du centre, l’agression physique d’un gendarme et d’un employé. Ronan Le Gall, a été condamné pour organisation d’une manifestation non déclarée. Un participant a été condamné pour violence sur dépositaire de la loi à de la prison avec sursis.

Le plus gros risque d’insécurité pour les habitants de Langourla n’est pas l’ouverture d’un CADA à proximité d’une école, mais bien la présence d’adsav.

Cette organisation fonctionne avec le site de désinformation Breizhinfo, («  réinformation » selon leur terme), dont le principal « journaliste » Yann Vallérie est membre d’Adsav. Ce webmedia est un organe de propagande de l’extrême droite bretonne, il monte en épingle des faits divers pour donner une impression d’insécurité en Bretagne, selon eux en grande partie imputable aux migrants. Il font régulièrement la tribune de Boris Lelay (qui cumule environs 6 ans de condamnations, notamment pour provocation à la discrimination, à la haine raciale et à la violence ou menaces de mort) ou permettent à d’autres néonazis de s’exprimer. Toutes les réunions de Langourla ont été filmées par ce site et il n’est pas acceptable qu’il instrumentalise les faits à des fins de propagande raciste.

Tout ce petit monde s’est allié ce soir-là pour diviser d’un côté les « bons Français (ou Bretons) » et de l’autre tout un ensemble d’individus, qui de par leur statut ou leur origine, sont désignés d’avance comme les responsables de tous les torts. Comme pouvaient le faire certains français des bretons ou des italiens au XIX et début du XXème siècle.

Ceci est du racisme, de la discrimination et le racisme dans ce pays n’est pas une opinion mais un délit.


Sources photos :
Vautours : les taxinomes
Pierre Marie Launay : Ouest France
Ronan Legal : Résistance Républicaine


La plateforme du CVA 22

Le Collectif de Vigilance Antifasciste 22 est d’abord né d’une réaction, d’une volonté d’action contre la propagation des idées d’extrême­-droite qui s’est concrétisée à Saint­-Brieuc par l’appel à un rassemblement contre l’accueil des migrants. Il n’était pas question pour nous de leur laisser la rue.

Au-­delà de cette initiative, les organisations et individuEs alors réuniEs sont tombées d’accord pour que la contre ­offensive s’inscrive dans la durée, au vu de la (...)