Le FN : ami du CAC40, ennemi des travailleurs

dimanche 30 avril 2017

Ces derniers jours Marine le Pen déclarait au milieu des courageux salarié-e-s de whirpool qu’ils résistent à la mondialisation sauvage. Elle voudrait nous faire croire qu’elle est du côté des travailleurs. En vérité, elle se bat pour sa classe, celle des puissants.

Sur ses affiches de campagne, elle se veut proche et protectrice du peuple. Or, elle ne cesse de légitimer des mesures antisociales en arguant de la liberté d’entreprendre, des petits patrons aux grandes pontes du cac 40.

L’exemple le plus frappant est sur la loi El Khomri qu’elle dit vouloir supprimer. Dans les faits, les élus frontistes n’ont pas voté contre cette loi scélérate. En revanche les sénateurs FN Rachline et Ravier ont proposé des amendements pour la suppression du compte pénibilité, le doublement des seuils sociaux ou encore la limitation du « monopole syndical ». En lisant son programme avec attention on voit qu’elle veut garder les 35 heures en permettant d’y déroger par accord de branche, ce qui revient à supprimer le paiement des heures supplémentaires et a pour conséquence de porter une attaque sur la rémunération des salariés. La mise en application de l’inversion de la hiérarchie des normes revient à appliquer la mesure la plus controversée de la loi El Kohmri.

En outre, dans son programme elle propose une prime estimée à 80 euros pour les bas salaires, c’est un cadeau empoisonné. Elle sera payée par le contribuable et n’incitera pas les patrons à augmenter les salaires. Cette prime n’est pas prise en compte pour les retraites, l’assurance chômage et les cotisations sociales. Ces mêmes patrons verront l’imposition sur les sociétés diminuer. Le dogme ultra-libéral de la privatisation des profits et de la mutualisation des pertes sera plus que jamais d’actualité.

Selon le Front National, l’Europe est à l’origine de tous les maux des travailleurs. En réalité le front national s’est exprimé en faveur des puissants et des ultralibéraux et en opposition aux droits des travailleurs. Voici une énumération de quelque-uns de leurs forfaits au parlement européen.

Avril 2014 : lors de la précédente législature, Marine Le Pen avait choisi de s’abstenir, plutôt que de voter contre la directive sur les travailleurs détachés.

Le 28 mai 2015 : la commission « Commerce international » – dont Marine Le Pen est membre titulaire – se prononce sur le projet d’accord de libre-échange transatlantique. Mais elle n’a n’a pas jugé bon de faire le déplacement.

En décembre 2015 : ils n’ont pas voté en faveur de mesure de lutte contre l’évasion fiscale qui améliore « la transparence, la coordination et la convergence des politiques en matière d’impôts sur les sociétés au sein de l’Union ».

Au printemps 2016 ils ont apporté leur soutien à la directive « secret des affaires », qui limite la possibilité d’enquêter sur les entreprises et favorise l’opacité systémique.

En mai 2016 les élus frontistes se sont abstenus de voter une mesure de la commission et du conseil européen à la chine le statut d’économie de marcher, qui aurai été désastreux en terme de concurrence.

En octobre 2016 les élus frontistes à part Florian Philippot votent contre une résolution sur la lutte contre la désindustrialisation en Europe.

En janvier 2017, ils ont tous voté contre la proposition de créer un « socle européen des droits sociaux ». Socle de mise en œuvre un seuil minimal de droits sociaux en deçà desquels les États membres ne devraient pas descendre.

Que ce soit au sujet de la loi Macron, la loi Travail ou encore le CICE, le FN a toujours soutenu tacitement ces lois. De plus aucune proposition concernant la précarité, les contrats courts, les licenciements, le partage du temps de travail, les augmentations de salaires ou de droits ne sont à mettre à l’actif du parti.

Il y a donc bien une duplicité entre les positions affichées et la réalité factuelle. A n’en pas douter, les frontistes mettront en opposition les salarié-e-s (français, non français, public, privé) et brosseront dans le sens du poil les entrepreneurs et les banquiers. Il n’y aura pas de condamnation de la prédation brutale du capital à l’encontre des travailleurs.

Avec le front-national au pouvoir, le régime kleptocratique aura de beaux jours devant lui.

sources :
http://www.revolutionpermanente.fr/Le-FN-le-premier-parti-ouvrier-de-France
https://ftm-cgt.fr/352415-2/
http://www.visa-isa.org/content/pour-les-syndicats-de-l-universite-d-aix-marseille-le-fn-n-est-pas-l-allie-des-travailleurs
https://www.bastamag.net/Au-Parlement-europeen-les-votes-meprisants-du-FN-et-de-Marine-Le-Pen-a-l-egard


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